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mercredi 17 avril 2019

Une Islande en Europe ?

La semaine dernière, j'étais à Reykjavik pour y suivre un incentive où il a été pas mal question du Brexit. Le triomphe des nationalistes a été un véritable véritable séisme politique dont on a encore du mal pour l'instant à percevoir les conséquences. Ce dont je suis persuadé, c'est que l'Angleterre perdra plus qu'elle ne gagnera, contrairement à ce qu'affirment une poignée de nationalistes français. Cependant, c'est à force de parler avec certains de mes collègues que je me suis aperçu que pour pas mal de gens  sont visiblement passés à côté de ce qui s'est vraiment joué. Ils croient que nos voisins ont cédé à la tentation populiste, et que ce sont forcément les classes ouvrières qui ont conduit à cette sortie. Mais cette idée est tout à fait réductrice : si l'on se penche sur les chiffres, cette explication est absurde. Beaucoup d'électeurs de la classe CSP+ ont voté le Leave pour lutter contre la migration. Les résultats témoignent plutôt que ce scrutin s'est joué sur une seule question : l'immigration. Et ça n'a en fait pas très déroutant, car c'est cette difficulté qui influe sur toutes les élections de ces dernières années, des Etats-Unis : c'est ce sujet qui a permis à un certain milliardaire américain de monter en puissance au fil des mois. Les études prouvent que comme toujours sur ce type de sujet, ce sont les individus les plus exposées à différentes cultures qui ont été dans le camp du Bremain ; et que ce sont les autres ont voté pour la sortie sont comme toujours ceux qui sont les moins confrontés à l'immigration. Depuis le vote, des tags prônant l'expulsion des polonais sont même apparus sur certaines vitrines. Il n'y a donc en rien un vote des élites contre un autre du peuple qui s'est joué là, comme pas mal de médias ont tenu à le faire croire. Les britanniques, quel que soit leur statut social, se sont prononcés en faveur de la fermeture des frontières, plutôt que de se confronter aux réalités du monde. Marine Le Pen n'est pas issue des basses classes, pas plus que Gilbert Collard.  pas mal de discussions un peu houleuses au cours de ce séjour, cet incentive en Islande a tout de même été une grande réussite. Voici d'ailleurs un lien vers l'agence qui  : j'ai tout particulièrement été séduit par la qualité des animations auxquelles nous avons eu droit.Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de séminaire en Islande.

vendredi 15 décembre 2017

La réalité des migrants

 Epuisés par des mois de blocage en Serbie, des dizaines de jeunes migrants survivent dans des conditions effroyables à Sid, petite ville à la frontière avec l’Union européenne qu’ils tentent chaque jour de franchir. Alors que l’hiver s’installe, chaque matin, ils se dirigent frigorifiés vers une imprimerie désaffectée. La dernière gare avant la Croatie est toute proche. Sous l’oeil de la police et parfois en butte aux critiques de la population locale, des bénévoles occidentaux y distribuent café, pommes, oeufs, de l’eau pour un brin de toilette. Un générateur est installé pour recharger les téléphones portables. Ils fournissent aussi tentes, chaussures, vêtements… Certains migrants marchent beaucoup: leur campement est à l’écart, dans la forêt parfois, pour rester à distance de la police. Les vêtements sont boueux, les traits tirés, les visages vieillis. « Je suis brisé », dit un Afghan de 28 ans, qui se présente comme « Sirg » et raconte le froid des nuits serbes dans ces « jungles ». « On se dit qu’au matin, nous serons décédés », poursuit-il. Il affirme avoir tenté plus de 60 fois de passer en Croatie, dit qu’il est même arrivé une fois en Slovénie avant d’être intercepté et renvoyé. Selon Andrea Contenta, de Médecins sans Frontière, quelque 5.000 migrants sont bloqués en Serbie, la plupart dans des centres officiels. Environ 500 dormiraient dehors, ici, à Belgrade ou encore à Sombor, dans le nord. Pour ces hommes, les chances de réussite diminuent avec le temps: les frontières sont mieux protégées, ils s’affaiblissent, tombent malades, l’argent est plus rare.  « On tente chaque jour. On est fatigués », dit Hamza, 27 ans, de Biskra, en Algérie, qui entend rejoindre la Belgique. Cet homme qui refuse de donner son nom a été intercepté et repoussé dans la nuit par la police croate. Il réessaiera le jour même, une fois réchauffé. Tous les moyens sont bons: à pied, dissimulés dans des camions, dans le châssis des trains de fret ou sur leur toit… « Sans espoir, sans alternative, certains décident de prendre d’énormes risques pour poursuivre leur voyage, sans se préoccuper des dangers et des rigueurs de l’hiver », dit Andrea Contenta. « Les mesures de dissuasion de l’Europe n’arrêteront pas ces gens », prévient-il.  « J’essaye et j’essaye encore », dit Ali Amjad, 24 ans, de Kaboul. Cela fait presque deux ans qu’il est en Serbie. Comme « Kako » à ses côtés, qui rit sans raison et donne des signes manifestes de troubles psychiatriques. Parfois des bagarres éclatent, entre différentes nationalités. La semaine dernière, un Nord-Africain a été poignardé au coeur et évacué vers l’hôpital de Novi Sad. Un Algérien qui se présente comme « Miki » Salem, 21 ans, a le bras en écharpe, montre des bandages sur les fesses, où il a été poignardé: « C’était les Afghans, ce n’était pas une bagarre, c’était de l’agression pour l’argent », dit-il.