mardi 16 mai 2017

Faire chanter la Russie

Une ancienne ministre américaine a confirmé avoir averti la Maison Blanche du risque d'un "chantage" de Moscou sur le premier directeur à la sécurité nationale. C'est l'ancienne numéro deux du ministère de la Justice qui l'affirme. La Maison Blanche avait été avertie du risque d'un "chantage" de Moscou sur le premier directeur à la sécurité nationale, Michael Flynn, dès le 26 janvier dernier. Le principal intéressé avait démissionné 18 jours plus tard.  "Nous pensions que le général Flynn était compromis vis-à-vis des Russes", a déclaré l'ancienne ministre de la Justice par intérim, Sally Yates, devant la commission parlementaire enquêtant sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine. Elle s'exprimait pour la première fois publiquement depuis son éviction du gouvernement Trump le 30 janvier, quand elle s'est opposée au décret migratoire présidentiel.   Michael Flynn a été poussé à la démission le 13 février après la révélation de contacts répétés avec l'ambassadeur russe à Washington avant et après l'élection, et ses déclarations inexactes au vice-président Mike Pence à ce sujet.  "Cela posait un problème parce que nous pensions que les Russes étaient non seulement au courant [du fait que Michael Flynn avait menti à Mike Pence] mais qu'ils avaient aussi probablement des preuves", a expliqué l'ancienne ministre nommée par Barack Obama. "Et cela créait une situation compromettante, une situation où en gros les Russes pouvaient faire chanter le conseiller à la sécurité nationale" des Etats-Unis.  "Les histoires de collusion Russie-Trump sont un canular complet", a réagi le milliardaire lundi soir dans une série de tweets commentant cette audition de trois heures. "Quand cette charade aux frais du contribuable s'arrêtera-t-elle?", a-t-il ajouté, visiblement agacé par les enquêtes en cours au Sénat, à la Chambre des représentants et au FBI sur une éventuelle "coordination" entre certains de ses proches et Moscou.  Cette ingérence russe dans l'élection américaine a été révélée par les agences américaines du renseignement début octobre. Donald Trump s'est défaussé, ce lundi matin, sur son prédécesseur, expliquant -là encore dans une série de tweets- que "le général Flynn avait obtenu les accréditations de sécurité par l'administration Obama".  "Demandez à Sally Yates, sous serment, si elle sait comment une information classifiée est sortie dans la presse peu après qu'elle l'a expliquée à la Maison Blanche", avait-il poursuivi, apparemment toujours plus indigné par la fuite elle-même que par son contenu.  Lors de sa première rencontre avec Donald Trump dans le Bureau ovale quelques jours après l'élection, Barack Obama avait conseillé à son successeur de ne pas embaucher Michael Flynn. Il l'a notamment mis en garde "en raison du comportement de Flynn en tant que patron de la DIA", agence de renseignement militaire où il avait été nommé en 2012, a affirmé un ex-responsable de l'administration Obama sous couvert d'anonymat.  Outre les enquêtes parlementaires, la police fédérale FBI a ouvert sa propre enquête sur une éventuelle "coordination" entre l'entourage de M. Trump et Moscou. Le Kremlin nie toute interférence. Mais il ne fait aucun doute, selon les agences américaines du renseignement, que plusieurs proches de la campagne de l'homme d'affaires ont été en contact régulier avec la Russie, notamment Michael Flynn, Carter Page et Paul Manafort. Reste à prouver que lesdits contacts constituent une collusion.  

mercredi 12 avril 2017

Le salon horloger de Bâle s’ouvre dans un climat incertain

 Baselworld, le grand salon suisse de l’horlogerie et de la joaillerie, s’ouvre jeudi à Bâle, offrant pendant huit jours une vitrine aux grandes marques de luxe pour tenter de relancer leurs ventes après deux années difficiles.  Comme chaque année, les grandes références de l’horlogerie suisse sont au rendez-vous, de Rolex à Patek Philippe, en passant par Tissot, Omega ou Tag Heuer, les grandes marques s’alignant les unes à côté des autres sur de somptueux stands pour présenter leurs nouvelles collections.  Signe des temps, l’événement qui célèbre cette année son centième anniversaire, accueille toutefois 200 exposants de moins que l’année dernière, ramenant cette année leur nombre à 1.300.  « Il y a de petites entreprises qui étaient mal positionnées au niveau mondial qui ont malheureusement souffert de la crise et ne se présentent plus cette année à Bâle », a expliqué Sylvie Ritter, la directrice du salon, lors d’un entretien avec l’AFP.  D’autres ont également quitté la branche, à l’image de marques de luxe qui avaient ajouté des montres à leurs gammes d’accessoires, mais qui ont décidé de se recentrer sur leur cœur de métier « dans ces périodes moins euphoriques », a-t-elle ajouté, pour expliquer cette diminution.  Le secteur de l’horlogerie avait connu une phase d’expansion spectaculaire mais a accumulé les revers de fortune depuis l’introduction fin 2013 de mesures de lutte contre la corruption interdisant les cadeaux extravagants.  Les fabricants de montres suisses ont dû composer aussi bien avec les secousses sur les devises, notamment avec la force du franc suisse qui a fait grimper leurs coûts de production, qu’avec les brusques changements dans les flux touristiques, après la Révolution des parapluies à Hong Kong, puis avec la vague d’attentats en Europe, qui a fait fuir les touristes asiatiques.  L’an passé, les exportations horlogères suisses se sont contractées de -9,9% après une baisse de -3,3% en 2015.  Après avoir mené une cure d’austérité, les horlogers espèrent cependant repartir sur des bases saines cette année, grâce à une amorce de reprise en Chine.  « On s’attend à une stabilisation des exportations pour 2017?, a déclaré Jean-Daniel Pasche, le président de la Fédération horlogère suisse, à l’AFP.  L’attentat de mercredi 22 mars à Londres n’en marque pas moins un nouveau coup dur pour le secteur, qui avait déjà été très touché en France par les attentats de novembre 2015, privant l’économie française d’importantes retombées touristiques.  « Ce qui s’est passé à Londres s’inscrit dans la même logique que ce qui a touché Paris après le Bataclan, ou la Côte d’Azur après l’attentat de Nice. Malheureusement la liste est longue », a réagi Guillaume de Seynes, le directeur général de la maison française Hermès, rencontré sur le salon. Il a toutefois expliqué qu’il était encore beaucoup trop tôt pour en évaluer les conséquences.  L’an passé, le Royaume Uni avait été le seul grand marché européen en croissance, la chute de la livre britannique depuis le Brexit permettant aux touristes de bénéficier de taux de change avantageux pour leurs achats de produits de luxe.  Les exportations horlogères suisses y avaient progressé de 3,7% alors qu’elles dégringolaient de -19,6% en France.  A la différence du salon horloger de Genève, qui se concentre sur une trentaine de griffes de prestige, le salon horloger de Bâle accueille une foule de marques, qui offrent des produits à tous les prix et pour tous les goûts.  Dans les présentoirs, le prestigieux diamantaire britannique Graff aligne d’impressionantes parures de diamants alors qu’à quelques pas de là, Victorinox, le célèbre fabricant de couteaux suisses, propose lui des montres pour la vie de tous les jours.  Les amateurs d’horlogerie peuvent découvrir sur ce salon, qui se tient du 23 au 30 mars, aussi bien une montre de Formule-1 chez Bell & Ross, une marque française destinée aux collectionneurs, qu’une montre en hommage au chanteur britannique David Bowie chez la griffe genevoise Raymond Weil. 

mardi 11 avril 2017

Incroyable L-39

L'envie de faire un vol en avion de chasse me trottait dans la tête depuis longtemps. Et vendredi dernier, j'ai enfin craqué. L'aventure a eu lieu à l'aérodrome de Pontoise. Je me suis présenté à 10 heures, assez impatient. J'avais mal dormi la veille à l'idée de ce que j'allais réaliser. Peu après qu'on m'ait décrit l'appareil et les procédures de sécurité, j'ai enfilé mon uniforme de vol avant de rejoindre la voie de circulation. C'est là que le L-39 m'attendait. Il a beau ne plus être de première fraîcheur (sa conception date des années 1950), il a été utilisé par l'armée française jusque dans le milieu des années 90 et a même servi à la Patrouille de France pendant plus de 20 ans. L'estomac noué que je suis monté dans le cockpit et harnaché à mon siège. Quelques minutes plus tard, on était enfin parti. Je m'attendais à me retrouver plaqué contre le siège, mais l'accélération est en fait linéaire. Au début, j'ai surtout été frappé par la puissance que montre le L-39 : celui-ci n'oscille pas en dépit des rafales de vent. On a commencé par un vol d'initiation. Nous avons continué avec un vol à basse altitude pour profiter un peu mieux de la vitesse.  Puis le pilote m'a informé qu'on allait entamer la partie acrobatique. Et là, on est enfin passé aux choses sérieuses. Le pilote a commencé par un petit huit. J'ai soudain pesé plusieurs fois mon poids. J'ai essayé de lever les bras mais c'était pénible, car il pesait soudain son poids. J'avais l'impression que mes joues tombaient, comme si quelqu'un tirait dessus. Le pilote m'a demandé si je voulais continuer : je lui ai répondu en éclatant de rire ; je ne pouvais m'en empêcher, à cet instant je suis heureux comme je ne l'avais jamais été. Pendant les quelques secondes d'accalmie entre chaque manœuvre, je tentais de retrouver mes points de repère qui changaient sans cesse de place, oscillant dans tous les axes, au point de me faire graduellement perdre tout sens de l'orientation. Tout allait trop vite; les manœuvres s'enchaînaient à toute vitesse : tonneaux, breaks, looping, looping, tout y passait. Nous avions à peine fini une acrobatie qu'une autre suivait. Le pilote me demandait souvent si j'étais  toujours avec lui, et je répondais par l'affirmative. Malgré l'intensité des évolutions qui allaient crescendo, je me laissais progressivement aller. Étrangement, c'est sur la route du retour que j'ai fini par me sentir mal. Je n'oublierai pas cette expérience ! Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur du vol en L-39 Albatros.

jeudi 23 février 2017

Balade islandaise


Moscou «a cherché» à favoriser l'élection de Trump

Le président «Poutine et le gouvernement russe ont cherché» à favoriser l'élection de Donald Trump et à discréditer la campagne électorale d'Hillary Clinton, affirment les services de renseignement américains dans un rapport publié vendredi. «Poutine et le gouvernement russe ont développé une préférence claire pour le président élu Donald Trump», affirme le rapport, rendu public dans une version expurgée de son contenu classifié. Moscou «appliquera les leçons apprises» dans cette campagne pour influencer les élections dans d'autres pays, y compris alliés des États-Unis, avertit également le rapport. Le diagnostic se base sur les informations recueillies par le FBI, en charge du contre-espionnage américain, la CIA et l'agence d'espionnage électronique, NSA. Le rapport a été mis en ligne sur le site internet de la direction nationale du renseignement (DNI), qui chapeaute les grandes agences de renseignement américaines. Barack Obama, qui avait demandé la rédaction de ce document de synthèse, a été informé de son contenu jeudi. Donald Trump a lui été informé vendredi par les chefs du DNI, du FBI, de la CIA et de la NSA qui sont venus le rencontrer en personne dans sa tour quartier général à New York. Quelques minutes après la rencontre, le président élu a souligné dans un communiqué qu'aucun piratage n'avait influencé le résultat de l'élection, mais s'est gardé de reprendre à son compte les conclusions du rapport qui venait de lui être présenté. Le rapport rendu public précise que la «campagne d'influence» de Moscou s'inscrit dans le cadre d'une «stratégie de communication» s'inspirant des méthodes soviétiques utilisant notamment, «les opérations clandestines, les médias d'État, des tierces parties, et des utilisateurs payés de réseaux sociaux, ou trolls».

mercredi 11 janvier 2017

L'Algérie s'équipe en avion de chasse Russes

Pas moins de 50 chasseurs bombardiers de type MiG-29M/M2 vont être livrés à l’Algérie, annonce le vice-directeur général du groupe MIG, Alexeï Beskibalov. C’est le plus gros contrat jamais signé dans l’histoire de ce groupe. Selon le vice-directeur général du groupe MiG Alexeї Beskibalov, cité par le site russe Sputnik news, deux premiers chasseurs MiG-29M/M2 doivent être remis à un pays nord-africain (Ndlr : l’Algérie) avant la fin de l'année en cours. C’est le plus gros contrat jamais signé par le groupe MiG, fait valoir Beskibalov, précisant que la livraison des 50 chasseurs russes se fera sur la période 2016-2020. Une transaction jusqu'ici inégalée conclue par le voisin de l'Est, malgré la crise financière qui le frappe en raison de la dégringolade des prix de pétrole. Embourbée dans une crise sans précédent avec la chute des prix des hydrocarbures, l'Algérie continue pourtant à s'armer à coups de milliards de dollars tout en laissant à la traîne le peuple et le développement du pays. A lire en détail sur Vol en MiG.

mardi 6 décembre 2016

Les USA aiment les armes à feu

Avec une régularité effrayante, des Américains utilisent des armes à feu puissantes pour massacrer des personnes sans défense; et c'est avec la même régularité que les tentatives de réforme du système législatif en matière de circulation des armes échouent. Chaque année, plus de 30 000 personnes sont tuées par balle aux USA. Aucun autre pays riche ne connaît un tel niveau de crime à main armée — et de loin. Ceux qui s'élèvent contre le contrôle des armes insistent sur le fait que tous ces chiffres ont un revers: de leur point de vue, posséder une arme à feu a un caractère préventif et profite donc à la population. Leurs opposants, eux, sont convaincus que la hausse des crimes est essentiellement due à l'accessibilité de ces armes. Les sociologues n'arrivent pas encore à se prononcer dans ce débat, principalement à cause de statistiques trop contradictoires. Les groupes qui soutiennent la libre vente des armes indiquent que le pourcentage de détention d'armes à feu est en général plus élevé dans le milieu rural et dans les États à faible densité de population, où le niveau de criminalité est bas. De plus, une diminution de la criminalité a été constatée depuis vingt ans, alors que la quantité d'armes en circulation a fortement augmenté en Amérique. Dans le même temps, la part des ménages disposant d'un pistolet ou d'un fusil se réduit inéluctablement. Selon une étude de l'université de Chicago publiée en 2000, le nombre d'homicides diminue proportionnellement à la part des ménages possédant une arme à feu, note le journal britannique The Economist. L'absence d'un lien clair entre la possession d'armes et la montée de la violence s'explique probablement par le fait que les lobbyistes de cette industrie ont réussi à obtenir une baisse du financement public des recherches à ce sujet. En 2013, le Journal of American Medicine a publié un article expliquant qu'en 1996 le congrès avait ordonné au Centre du contrôle des maladies de réduire le financement des programmes étudiant les meurtres impliquant l'usage d'armes à feu. Néanmoins, certains événements mettent bien en évidence ce lien. Immédiatement après un massacre en Australie en 1996, quand un tireur solitaire avait tué 32 personnes avec un fusil semi-automatique (le même que celui utilisé dans le massacre d'Orlando le 12 juin), les autorités australiennes avaient rapidement approuvé des restrictions sur la détention d'armes. Les nouvelles règles interdisaient les fusils semi-automatiques et les fusils à pompe, et il était préconisé au gouvernement de racheter les armes interdites possédées par la population. Dans le cadre d'un programme similaire, les autorités américaines devraient racheter 90 millions d'armes. Depuis, seulement deux tueries avec l'usage d'une arme à feu ont été commises en Australie, pour un bilan total de 7 morts. En 2014 aux USA, sur 100 000 habitants on comptait près de 10 500 morts par balle, contre un seul cas en Australie. Par ailleurs, on constate une diminution de la mortalité par balle même en cas de restrictions limitées. Par exemple, l'étude parue en 2015 dans le magazine Annual Review of Public Health indique que dans les États où il est interdit à un particulier de posséder toute arme à feu dans le cadre d'une interdiction juridique pour lutter contre la violence ménagère, le nombre de cas de "meurtre d'un partenaire proche" se réduit de 10%. Dans le même temps, le nombre d'homicides par arme à feu a augmenté de 25% en cinq ans après l'abrogation par le Missouri de la loi exigeant une autorisation pour acheter une arme (même si une baisse a été enregistrée partout dans le pays). En 2013, après un nouveau massacre dans une école ayant coûté la vie à 20 enfants, deux sénateurs (un démocrate et un républicain) ont proposé un projet de loi imposant une vérification minutieuse de l'acheteur d'une arme à feu. L'initiative "s'est perdue" dans les couloirs du congrès sans avoir obtenu le soutien nécessaire parmi les législateurs. Ce dossier n'avancera donc certainement que quand seront réglés d'autres problèmes plus importants touchant au système politique même du pays.