mercredi 21 juin 2017
Une enfance en guerre
Elle a été chassée de son quartier, a subi les bombardements et est devenue une réfugiée dans sa propre ville en Syrie: Myriam Rawick, 13 ans, a tenu pendant cinq ans la chronique de sa vie à Alep, qui vient d'être publiée. "Le journal de Myriam", c'est la guerre vue par une enfant, issue d'une famille chrétienne modeste, d'origine arménienne, dont la vie est bouleversée par des "choses de grand": les slogans révolutionnaires peints sur les murs, les manifestations contre le gouvernement, l'enlèvement de son cousin, le blocus, les combats... "Quand la guerre a commencé, Maman m'a encouragé à écrire un journal quotidien. J'y mettais tout ce que je faisais pendant la journée. Je me disais qu'un jour je pourrai ainsi me souvenir de ce qui s'est passé", témoigne Myriam dans un entretien avec l'AFP. Quand le journaliste français Philippe Lobjois entend parler en décembre 2016 de Myriam et de son journal intime, un cahier d'une cinquantaine de pages en arabe, il comprend que c'est l'occasion de faire raconter cette guerre de l'intérieur: développé et traduit en français, le Journal, couvrant la période novembre 2011-décembre 2016, vient d'être publié aux éditions Fayard. Une des plus anciennes cités du monde, Alep regorgeait de trésors classés au patrimoine mondial de l'Humanité, avant de devenir le principal champ de bataille de la guerre en Syrie, jusqu'à la reprise des derniers secteurs rebelles par l'armée de Bachar al-Assad, appuyée par ses alliés russe et iranien, fin 2016. "Alep, c'était un éden, c'était notre éden", écrit Myriam, une enfant qui aime dessiner et chanter et qui n'oubliera jamais les sinistres jours de mars 2013 où "les hommes en noir", des rebelles islamistes, ont contraint sa famille au départ. "Je me suis réveillée un matin, j'ai entendu des objets qu'on brisait, des gens qui hurlaient +Allah Akbar+ (Dieu est le plus grand, en arabe). J'ai eu tellement peur, j'avais envie de vomir. Je tenais ma poupée serrée contre moi, je lui disais +N'aie pas peur, n'aie pas peur, je suis avec toi+", se souvient-elle. - Du sucre contre la peur - "J'ai couru mettre mes livres dans mon sac à dos, j'adore les livres, je ne peux pas m'en passer. J'ai enfilé deux anoraks l'un par-dessus l'autre, pour me protéger des balles perdues. Dans la rue, j'ai vu un homme à la barbe touffue, en djellaba noire, une arme à la main, j'avais très peur. Nous avons marché longtemps pour gagner un quartier plus sûr", à Alep-Ouest, la partie de la ville sous contrôle gouvernemental, régulièrement visée par des bombardements des rebelles. "Ce qui me faisait le plus peur, c'était les missiles. Un soir, j'allais me mettre au lit lorsque le ciel est devenu rouge, avec un bruit assourdissant. Un missile était tombé dans la rue à côté de la nôtre. Pour nous calmer, on nous donnait du sucre, on nous disait que cela nous aiderait à ne plus avoir peur... Mais moi je trouvais que cela ne changeait rien! Nous nous sommes réfugiés chez une voisine, on m'a installé un matelas devant une baie vitrée, j'avais peur, j'ai peur des vitres, des éclats de vitres. Je suis belle, je ne veux pas être défigurée", plaisante-t-elle. La capitulation des derniers rebelles en décembre 2016 a permis le retour à une certaine normalité, même si l'approvisionnement en eau et en électricité reste aléatoire. "Nous n'avons plus peur que des bombes tombent sur nos têtes. Je reprends mon enfance, je recommence à jouer avec les enfants des voisins", se réjouit Myriam, le regard pétillant. Depuis la fin des combats, elle n'est retournée qu'une seule fois dans son ancien quartier: "c'était comme si mon coeur reprenait vie. Tout était détruit, mais je me souvenais de tous les moments que j'y avais vécu. Il y avait comme un parfum de bonheur passé. Mais je ne retournerai pas y vivre". L'adolescente, qui rêve d'être astronome car elle adore les étoiles, continue à écrire dans son journal: "c'est beau ce que je suis en train de vivre et je ne veux pas non plus l'oublier. Je me suis même endormie hier soir sur mon cahier!".
jeudi 1 juin 2017
Avec les dauphins en Méditerranée
Il y a peu, j'ai nagé avec des dauphins. Ca s'est passé à Mandelieu, et je dois avouer que je ne suis pas près d'oublier. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut cotoyer une autre espèce intelligente, qui plus est dans son milieu naturel ! C'est un de ces moments miraculeux dont on se souvient toute sa vie.
Une fois à la maison, cependant, je me suis quelque peu renseigné sur ces cétacés, et j'ai été très étonné par ce que j'ai appris. Je savais déjà que les dauphins étaient des mammifères, mais je ne connaissais pas les implications de la chose. C'est pourquoi j'échange avec vous mes récentes découvertes. En premier lieu, le dauphin a besoin d'oxygène : concrètement, il ne peut demeurer plus de 4 minutes dans les profondeurs sans remonter à l'air libre et refaire le plein. C'est certes pas mal, mais loin des records d'apnée dont je les pensais capable ! En second lieu, la femelle ne porte qu'un seul petit à la fois : la gestation est de 11 mois, et elle l'allaite durant 8 mois. Ce qui est radicalement différent de la plupart des poissons.
Mais la chose qui m'a le plus épaté, en fin de compte, c'est son origine. Naguère, son ancêtre vivait en effet... au sol, près des côtes ! Cet ancêtre était une bête qui marchait sur quatre pattes, et vivait de poissons et d'amphibiens. Jusqu'à ce qu'un colossal chambardement climatique provoque l'anéantissement de la plupart des espèces. En vue d'échapper à ses prédateurs, le mésonyx s'est alors tourné vers le milieu aquatique. Son organisme a dès lors petit à petit évolué pour s'acclimater à cet environnement : ses pattes avant se sont changées en nageoires, ses pattes de derrière ont disparu, et ses narines ont basculé sur le haut du crâne pour qu'il puisse respirer tout en continuant à nager. C'est là que réside le secret des dauphins : c'est cette généalogie terrestre qui fait qu'ils sont équipés de poumons, ne pondent pas d'oeufs, et nourrissent leurs petits comme l'être humain !
Quoi qu'il en soit, si vous êtes fada de ces fabuleux bestiaux, je vous recommande chaudement l'expérience. Vous trouverez tout ce qu'il y a à savoir sur ce site. Suivez le lien pour le contact de cette association qui organise des sorties pour nager avec les dauphins.
mardi 16 mai 2017
Faire chanter la Russie
Une ancienne ministre américaine a confirmé avoir averti la Maison Blanche du risque d'un "chantage" de Moscou sur le premier directeur à la sécurité nationale. C'est l'ancienne numéro deux du ministère de la Justice qui l'affirme. La Maison Blanche avait été avertie du risque d'un "chantage" de Moscou sur le premier directeur à la sécurité nationale, Michael Flynn, dès le 26 janvier dernier. Le principal intéressé avait démissionné 18 jours plus tard. "Nous pensions que le général Flynn était compromis vis-à-vis des Russes", a déclaré l'ancienne ministre de la Justice par intérim, Sally Yates, devant la commission parlementaire enquêtant sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine. Elle s'exprimait pour la première fois publiquement depuis son éviction du gouvernement Trump le 30 janvier, quand elle s'est opposée au décret migratoire présidentiel. Michael Flynn a été poussé à la démission le 13 février après la révélation de contacts répétés avec l'ambassadeur russe à Washington avant et après l'élection, et ses déclarations inexactes au vice-président Mike Pence à ce sujet. "Cela posait un problème parce que nous pensions que les Russes étaient non seulement au courant [du fait que Michael Flynn avait menti à Mike Pence] mais qu'ils avaient aussi probablement des preuves", a expliqué l'ancienne ministre nommée par Barack Obama. "Et cela créait une situation compromettante, une situation où en gros les Russes pouvaient faire chanter le conseiller à la sécurité nationale" des Etats-Unis. "Les histoires de collusion Russie-Trump sont un canular complet", a réagi le milliardaire lundi soir dans une série de tweets commentant cette audition de trois heures. "Quand cette charade aux frais du contribuable s'arrêtera-t-elle?", a-t-il ajouté, visiblement agacé par les enquêtes en cours au Sénat, à la Chambre des représentants et au FBI sur une éventuelle "coordination" entre certains de ses proches et Moscou. Cette ingérence russe dans l'élection américaine a été révélée par les agences américaines du renseignement début octobre. Donald Trump s'est défaussé, ce lundi matin, sur son prédécesseur, expliquant -là encore dans une série de tweets- que "le général Flynn avait obtenu les accréditations de sécurité par l'administration Obama". "Demandez à Sally Yates, sous serment, si elle sait comment une information classifiée est sortie dans la presse peu après qu'elle l'a expliquée à la Maison Blanche", avait-il poursuivi, apparemment toujours plus indigné par la fuite elle-même que par son contenu. Lors de sa première rencontre avec Donald Trump dans le Bureau ovale quelques jours après l'élection, Barack Obama avait conseillé à son successeur de ne pas embaucher Michael Flynn. Il l'a notamment mis en garde "en raison du comportement de Flynn en tant que patron de la DIA", agence de renseignement militaire où il avait été nommé en 2012, a affirmé un ex-responsable de l'administration Obama sous couvert d'anonymat. Outre les enquêtes parlementaires, la police fédérale FBI a ouvert sa propre enquête sur une éventuelle "coordination" entre l'entourage de M. Trump et Moscou. Le Kremlin nie toute interférence. Mais il ne fait aucun doute, selon les agences américaines du renseignement, que plusieurs proches de la campagne de l'homme d'affaires ont été en contact régulier avec la Russie, notamment Michael Flynn, Carter Page et Paul Manafort. Reste à prouver que lesdits contacts constituent une collusion.
mercredi 12 avril 2017
Le salon horloger de Bâle s’ouvre dans un climat incertain
Baselworld, le grand salon suisse de l’horlogerie et de la joaillerie, s’ouvre jeudi à Bâle, offrant pendant huit jours une vitrine aux grandes marques de luxe pour tenter de relancer leurs ventes après deux années difficiles. Comme chaque année, les grandes références de l’horlogerie suisse sont au rendez-vous, de Rolex à Patek Philippe, en passant par Tissot, Omega ou Tag Heuer, les grandes marques s’alignant les unes à côté des autres sur de somptueux stands pour présenter leurs nouvelles collections. Signe des temps, l’événement qui célèbre cette année son centième anniversaire, accueille toutefois 200 exposants de moins que l’année dernière, ramenant cette année leur nombre à 1.300. « Il y a de petites entreprises qui étaient mal positionnées au niveau mondial qui ont malheureusement souffert de la crise et ne se présentent plus cette année à Bâle », a expliqué Sylvie Ritter, la directrice du salon, lors d’un entretien avec l’AFP. D’autres ont également quitté la branche, à l’image de marques de luxe qui avaient ajouté des montres à leurs gammes d’accessoires, mais qui ont décidé de se recentrer sur leur cœur de métier « dans ces périodes moins euphoriques », a-t-elle ajouté, pour expliquer cette diminution. Le secteur de l’horlogerie avait connu une phase d’expansion spectaculaire mais a accumulé les revers de fortune depuis l’introduction fin 2013 de mesures de lutte contre la corruption interdisant les cadeaux extravagants. Les fabricants de montres suisses ont dû composer aussi bien avec les secousses sur les devises, notamment avec la force du franc suisse qui a fait grimper leurs coûts de production, qu’avec les brusques changements dans les flux touristiques, après la Révolution des parapluies à Hong Kong, puis avec la vague d’attentats en Europe, qui a fait fuir les touristes asiatiques. L’an passé, les exportations horlogères suisses se sont contractées de -9,9% après une baisse de -3,3% en 2015. Après avoir mené une cure d’austérité, les horlogers espèrent cependant repartir sur des bases saines cette année, grâce à une amorce de reprise en Chine. « On s’attend à une stabilisation des exportations pour 2017?, a déclaré Jean-Daniel Pasche, le président de la Fédération horlogère suisse, à l’AFP. L’attentat de mercredi 22 mars à Londres n’en marque pas moins un nouveau coup dur pour le secteur, qui avait déjà été très touché en France par les attentats de novembre 2015, privant l’économie française d’importantes retombées touristiques. « Ce qui s’est passé à Londres s’inscrit dans la même logique que ce qui a touché Paris après le Bataclan, ou la Côte d’Azur après l’attentat de Nice. Malheureusement la liste est longue », a réagi Guillaume de Seynes, le directeur général de la maison française Hermès, rencontré sur le salon. Il a toutefois expliqué qu’il était encore beaucoup trop tôt pour en évaluer les conséquences. L’an passé, le Royaume Uni avait été le seul grand marché européen en croissance, la chute de la livre britannique depuis le Brexit permettant aux touristes de bénéficier de taux de change avantageux pour leurs achats de produits de luxe. Les exportations horlogères suisses y avaient progressé de 3,7% alors qu’elles dégringolaient de -19,6% en France. A la différence du salon horloger de Genève, qui se concentre sur une trentaine de griffes de prestige, le salon horloger de Bâle accueille une foule de marques, qui offrent des produits à tous les prix et pour tous les goûts. Dans les présentoirs, le prestigieux diamantaire britannique Graff aligne d’impressionantes parures de diamants alors qu’à quelques pas de là, Victorinox, le célèbre fabricant de couteaux suisses, propose lui des montres pour la vie de tous les jours. Les amateurs d’horlogerie peuvent découvrir sur ce salon, qui se tient du 23 au 30 mars, aussi bien une montre de Formule-1 chez Bell & Ross, une marque française destinée aux collectionneurs, qu’une montre en hommage au chanteur britannique David Bowie chez la griffe genevoise Raymond Weil.
mardi 11 avril 2017
Incroyable L-39
L'envie de faire un vol en avion de chasse me trottait dans la tête depuis longtemps. Et vendredi dernier, j'ai enfin craqué. L'aventure a eu lieu à l'aérodrome de Pontoise. Je me suis présenté à 10 heures, assez impatient. J'avais mal dormi la veille à l'idée de ce que j'allais réaliser. Peu après qu'on m'ait décrit l'appareil et les procédures de sécurité, j'ai enfilé mon uniforme de vol avant de rejoindre la voie de circulation. C'est là que le L-39 m'attendait. Il a beau ne plus être de première fraîcheur (sa conception date des années 1950), il a été utilisé par l'armée française jusque dans le milieu des années 90 et a même servi à la Patrouille de France pendant plus de 20 ans. L'estomac noué que je suis monté dans le cockpit et harnaché à mon siège. Quelques minutes plus tard, on était enfin parti. Je m'attendais à me retrouver plaqué contre le siège, mais l'accélération est en fait linéaire. Au début, j'ai surtout été frappé par la puissance que montre le L-39 : celui-ci n'oscille pas en dépit des rafales de vent. On a commencé par un vol d'initiation. Nous avons continué avec un vol à basse altitude pour profiter un peu mieux de la vitesse. Puis le pilote m'a informé qu'on allait entamer la partie acrobatique. Et là, on est enfin passé aux choses sérieuses. Le pilote a commencé par un petit huit. J'ai soudain pesé plusieurs fois mon poids. J'ai essayé de lever les bras mais c'était pénible, car il pesait soudain son poids. J'avais l'impression que mes joues tombaient, comme si quelqu'un tirait dessus. Le pilote m'a demandé si je voulais continuer : je lui ai répondu en éclatant de rire ; je ne pouvais m'en empêcher, à cet instant je suis heureux comme je ne l'avais jamais été. Pendant les quelques secondes d'accalmie entre chaque manœuvre, je tentais de retrouver mes points de repère qui changaient sans cesse de place, oscillant dans tous les axes, au point de me faire graduellement perdre tout sens de l'orientation. Tout allait trop vite; les manœuvres s'enchaînaient à toute vitesse : tonneaux, breaks, looping, looping, tout y passait. Nous avions à peine fini une acrobatie qu'une autre suivait. Le pilote me demandait souvent si j'étais toujours avec lui, et je répondais par l'affirmative. Malgré l'intensité des évolutions qui allaient crescendo, je me laissais progressivement aller. Étrangement, c'est sur la route du retour que j'ai fini par me sentir mal. Je n'oublierai pas cette expérience ! Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur du vol en L-39 Albatros.
jeudi 23 février 2017
Moscou «a cherché» à favoriser l'élection de Trump
Le président «Poutine et le gouvernement russe ont cherché» à favoriser l'élection de Donald Trump et à discréditer la campagne électorale d'Hillary Clinton, affirment les services de renseignement américains dans un rapport publié vendredi.
«Poutine et le gouvernement russe ont développé une préférence claire pour le président élu Donald Trump», affirme le rapport, rendu public dans une version expurgée de son contenu classifié.
Moscou «appliquera les leçons apprises» dans cette campagne pour influencer les élections dans d'autres pays, y compris alliés des États-Unis, avertit également le rapport.
Le diagnostic se base sur les informations recueillies par le FBI, en charge du contre-espionnage américain, la CIA et l'agence d'espionnage électronique, NSA.
Le rapport a été mis en ligne sur le site internet de la direction nationale du renseignement (DNI), qui chapeaute les grandes agences de renseignement américaines.
Barack Obama, qui avait demandé la rédaction de ce document de synthèse, a été informé de son contenu jeudi.
Donald Trump a lui été informé vendredi par les chefs du DNI, du FBI, de la CIA et de la NSA qui sont venus le rencontrer en personne dans sa tour quartier général à New York.
Quelques minutes après la rencontre, le président élu a souligné dans un communiqué qu'aucun piratage n'avait influencé le résultat de l'élection, mais s'est gardé de reprendre à son compte les conclusions du rapport qui venait de lui être présenté.
Le rapport rendu public précise que la «campagne d'influence» de Moscou s'inscrit dans le cadre d'une «stratégie de communication» s'inspirant des méthodes soviétiques utilisant notamment, «les opérations clandestines, les médias d'État, des tierces parties, et des utilisateurs payés de réseaux sociaux, ou trolls».
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